Je ne suis pas une théorie
Je rebondis sur l'article de Delphine Philbert concernant la réaction des 80 députés au fait que des manuels feraient état de la "théorie de genre". Mon propos n'est pas réagir à l'article en lui-même, Delphine a choisi d'analyser leur réaction avec une sorte de logique inversée, je n'ai rien à dire à ce sujet.
Par contre, d'article en article, ne s'éloigne t'on pas, de plus en plus, du vrai sujet en fait ? Celui de la légimité d'intervenir.
Que 80 députés aient leurs propres idées et un tas de justifications derrière, soit ... 7 milliards de personnes en ont aussi. Les députés ont juste deux avantages. Celui d'avoir à leur disposition tout un tas d'études, de thèses ou d'antithèses, les moyens de s'appuyer sur des spécialistes de tout bords et surtout ceux qui partagent leur avis. Le second est leur visibilité médiatique. Ils peuvent donc s'écrier et se faire entendre mieux que le reste du monde. Ça ne rend pas leur discours plus vrai.
Selon moi ce qui est à mettre en doute, ce n'est pas de savoir s'ils ont tord ou raison mais plutôt de savoir s'ils ont légitimité pour nier ou imposer le contenu des manuels scolaires. Je crois sincèrement que ce n'est pas à eux ni a quelques "spécialistes" de le faire. Le contenu des manuels scolaires est censé refléter la réalité de notre société de manière neutre. Aborder tout les sujets, sans censure, sans contraintes religieuses ou politiques. Il n'est pas question de refléter les états d'âmes des auteurs ou des éditeurs. Il n'est pas question de refléter l'état des connaissances de quelques individus mais de refléter l'ensemble des connaissances actuelles.
Difficile de tout aborder, je le conçois. La somme de connaissance ne tiendrait pas dans un manuel de 200 pages, en réalité elle ne tient déjà pas dans la plupart des encyclopédies papiers. Ce qui représente actuellement les connaissances les plus variées et les plus complètes ce sont Wikipedia et Archives.org. Dans le cas des manuels scolaire, le traitement des différents sujets est réduit à leur importance supposée et selon la place disponible. En l’occurrence deux lignes sur l'identité de genre, ça ne parait pas beaucoup mais c'est déjà énorme dans un condensé d'informations et cela permet d'introduire le sujet, si ce n'est dans l'ensemble des têtes blondes, au moins dans quelques-unes qui peut-être s'y retrouveront et que ça aidera à se construire un jour.
On pourrait résumer ce débat stérile par "Quel est l'importance et la pertinence d'aborder l'identité de genre dans un manuel scolaire ?"
L'importance est à l'image de la vivacité du sujet. S'il y a tant de remous, j'y vois de l'importance.
La pertinence revient à refléter la réalité et la réalité c'est bien qu'il existe des personnes vivant tous les jours dans un genre différent du rôle que la société (parents, médecins, secu) leur a attribué à la naissance selon un critère physique. Il n'y a rien à prouver la-dedans. Delphine Philbert existe. Coccinelle a existé. Amanda Lepore existe. Stéphanie Nicot existe. Caphi existe. RuPaul existe. Delphine Ravisé-giard existe. Tom Reucher existe. Des milliers de trans existent de la même façon. Nous ne sommes intangibles, je réfute notre théorisation.
J'existe, je ne suis pas une théorie.
En ce sens les trans ont toute leur place dans les manuels. Censurer leur présence dans les manuels c'est nier leur existence. Rien de moins.
Les courants psychiatriques et psychologiques,
les supposées normes sociales,
les centaines études contradictoires censées expliquer et comprendre les trans,
les négations religieuses,
les théories complexes,
que l'on soit d'accord ou non,
rien de tout ça ne retirera jamais notre réalité, ce n'est pas 80 députés qui vont le faire.
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:)))
Et je suis très contente que vous existiez, qu’ils soient d’accord ou pas :)
Coccinelle ! Elle est fabuleuse. <3
(Je tiens juste à préciser que RuPaul est juste drag-queen, il n’a fait aucune transition, mais ton article est très bien)
Ca, c’est dit et bien dit :)
@fabizm ah oui c’est bien ce qu’il me semblait, et je me suis dit que j’allais laisser qql de plus compétent que moi répondre :D
j’aime fort fort le titre :)
Ai-je oublié de dire que j’aimais aussi le fond du post, et pas seulement le name-dropping ?
Le titre génial…
« En ce sens les trans ont toute leur place dans les manuels. Censurer leur présence dans les manuels c’est nier leur existence. Rien de moins » ça moins vrai.
D’abord, je dois dire qu Amanda tu m’as ouvert les yeux sur un problème auquel je n’avais jamais pensé. Problème? Non plutôt une réalité que je ne connaissais pas…
C’est en lisant tes textes, en regardant tes vidéos que j’ai pris conscience de certaines choses!
Je ne pense pas que c’est à l’école, dans une manuel scolaire que j’aurai pu apprendre ce genre de choses… mais c’est justement en voyant vivre les gens!
Tout ça pour dire quelque chose qui me tient à coeur et qui peut peut être permettre de comprendre un peu mieux mes interventions:
On n’est pas une théorie, on est des vies!!! Et le meilleur moyen d’inculquer notre différence de vie aux autres est simplement de vivre. (pour moi avis perso). De ce crédo, je me suis construit et je vis pleinement tel que je suis…
Pas besoin de me définir dans un bouquin: je suis moi rien que moi… même si je suis moi que les autres connaissent. Mais tout ça on s’en fout car à la fin, je vis.
Oui , alors là …Dieu sait que je ne suis pas du tout d ‘ accord avec Kira en général , mais je la rejoins lorsqu ‘ elle dit que la théorie du genre ne se limite pas à la question trans . Ca , c ‘ est le premier point .
Le deuxième point : puisqu ‘ on a évoqué wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie
Je vous recommande de bien lire la première phrase du chapitre » sciences » .
Je suis désolé , mais la théorisation est non seulement utile , mais nécessaire si l ‘ on veut tendre vers un minimum d ‘ objectivité .
oui, c’est bien dit car « théorie » « identité » sont des termes trop académiques si je peux dire et on oublie que l’on parle de personnes avant tout … on se perd dans les débats et on occulte l’essentiel : la personne
Je ne vois pas en quoi un certain académisme serait incompatible avec les respect de l ‘ individu , des individus . Une approche rationnelle , fût-elle un minimum technique , académique , est la meilleure des garanties contre l ‘ arbitraire .
Beaucoup de démagogie dans l ‘ article comme dans les commentaires .
Parfois il est bien d’humaniser les mots.
Merci Amanda :)
@shinox Je suis d’accord avec toi : on apprend pas tout à l’école. Ce que je voulais dire en revanche c’est que citer les identités de genre ne peut pas faire de mal, cela peut être un point de départ pour le questionnement identitaire d’un ado ;)
@fabzim @Red Pour moi être drag-queen est une forme de trans-identité (ça n’engage que moi) :p
@archiblonde Les théories sont utiles et nécessaires pour construire une réflexion mais n’ont pas a supplanter la réalité (et je suis plutôt une scientifique). Ce que je dis c’est que l’on ne doit pas oublier que les trans sont des humains avant d’être le sujet de théories. Les théories n’ont pas valeurs de vérités contrairement à nos existences.
@amanda : Comme je le disais : il convient de lire » attentivement » la première phrase du chapitre » sciences » de l ‘ article de wikipedia .
Comme dirait Kira , c ‘ est là une question d ‘ épistémologie ! Dans ce cas précis , » théorie » et » réalité » ne s ‘ opposent pas .
@amanda: en effet, ça peut pas faire de mal ^^ C’est d’ailleurs, je pense, ce qui est vexant dans cette histoire.
C’est pas vraiment de mettre cette théorie dans un bouquin le problème. Mais c’est d’en faire un foin ^^
@archiblonde Ça dépend, il y a des théories comme la « théorie du genre » qui admettent notre existence et puis il y a celles qui nous nient comme l’essentialisme.
@amanda : Je n ‘ ai pas connaissance du contenu de ce cours ( il me semble qu ‘ il s ‘ agit d ‘ un cours de SVT ) . Mais dans la mesure où il doit s ‘ inscrire dans un cadre scientifique , il doit respecter ce cadre , ce qui suppose une approche rationnelle que l ‘ on n ‘ a pas à » craindre » , si je peux dire .
Le problème vient , comme le disait Shinox , du foin que l ‘ on fait autour de cette histoire . Et Xavier a bien raison de faire un parallèle avec le débat tournant autour de la position créationniste …que l’ on peut difficilement qualifiée de rationnelle . ;-)
Et je plussoie à 100%. J’aime beaucoup ton article et merci.
Excuse @archiblonde ? je me suis encore mal exprimée !!!! c’est de ma faute, ce que je voulais dire, c’est qu’en ce moment, perso, j’ai la tête pleine de trucs que je lis pour le boulot ; j’ai besoin de me tenir informée, c’est sûr mais à présent, il me faut des mots qui me vont direct à la cervelle ou au coeur parce qu’une fois rentrée, je suis incapable de réfléchir et quand je vois tous ces débats et tous ces pavés, certes très intéressants, j’ai pas envie de me coller la lecture car de toute façon, va falloir que je m’y prenne à 20 fois avant de comprendre :) je ne voulais en aucun dire que les termes « scientifiques » ou « académiques » ou « recherchés » ou ce qu’on veut sont un manque de respect. Toutes mes excuses :)
@filou : Nan , mais je suis d ‘ accord sur le fait que le discours scientifique n ‘ est pas des plus sentimentals ( ce qui ne veut pas dire qu ‘ il est le fait de personnes insensibles , loin s ‘ en faut !! )Parfois , on a besoin ( aussi ) d’ autre chose .
Je disais cela sachant que ces cours qui posent problème à certains seront dispensés en SVT. Et que , donc , ils doivent s ‘ inscrire dans un cadre ( ou une théorie , suivant la définition qui en est donnée dans wikipedia .)
» sentimentaux » …chui vraiment fatigué , aujourd ‘ hui ! :-) :-)
Bon article et bonne vision de ce débat stérile.
Nous existons, il n’y a pas besoin d’avoir une sorte d’accélérateur à particules pour prouver notre existence, nous sommes là aux yeux du monde et tout le monde nous voit (pauvre boson de higgs, il doit se sentir vraiment seul :x).
J’aime beaucoup cet article. Comme ça a déjà été dit, le titre est génial.
Ensuite, la réflexion au sujet de ces 80 personnes qui, sous prétexte qu’elles sont médiatiques, et font partie de « l’élite » peuvent émettre un droit de veto jusqu’aux manuels scolaires des nouvelles générations… c’est très juste.
Perso, je trouve bien plus important qu’on nous parle de l’identité sexuelle que des noms des cours d’eau au Guatemala ! On a quand même une probabilité plus forte d’avoir des LGBT dans un classe qu’un futur Globe Trotter :) (si je prends l’exemple du nom des cours d’eau au Guatemala, c’est parce que c’est du vécu… Je me demande encore ajd pourquoi on nous l’a enseigné)
Parfois je me demande ce qu’il y a dans la tête des personnes qui nous dirige…
*clap clap clap*
Je relaye ! o/
@Sarah : Ça s’appelle de la Culture Générale (avec majuscules oui), tout simplement. Peut-être que ça ne t’intéresse pas toi, mais peut-être que ça en intéresse d’autres. Comme l’on peut penser «Ils nous font chier ces gouines, ces pédés, ces trans’, moi je m’en fiche je veux connaitre le monde économique sur le bout des doigts et gagner plein d’argent avec une multi-nationnale en choisissant un secteur d’activité avec peu de concurrence ! Rien à faire des problèmes des gens !» (insérer ici un smiley comme celui-ci : $o$).
De la même façon que l’on dit qu’aborder la «théorie du genre» en SVT peut aider les lycéens à s’intéresser à une minorité de la population et à ouvrir son esprit ou bien à apprendre à se connaître, aborder les cours d’eau du Guatemala peut faire naître de la curiosité chez un lycéen, ce qui est le début d’un épanouissement et d’une ouverture d’esprit. Donc d’intelligence à mon sens.
Enfin je dis ça… je ne dis rien… ~~
@Yuki : Ca ne s’est pas limité au Guatemala, c’était la planète complète ! Qu’on nous apprenne les fleuves et cours d’eau du pays, OK. Ceux des pays voisins, OK (surtout que la Belgique est petite, c’est tjs intéressant de savoir ce qu’il se passe chez les voisins). Mais qu’on nous demande d’apprendre par coeur le nom des fleuves et cours d’eau sur toute la planète et être capable de les replacer au bon endroit dans le pays, j’appelle plus ça de la culture générale mais de la torture :)
Chaque semaine pendant 4 mois on avait droit à notre petite interro…
Il y a une grosse différence entre consacrer un cours sur un sujet afin de dire aux élèves « Voilà, ça existe » (culture générale) et passer des mois sur un sujet avec interro chaque semaine.
Alors, oui, parler de la « théorie du genre » risque d’en emmerder certains, mais c’est le temps d’un cours, peut-être deux… Et si ça peut éviter à certains de souffrir, je pense que c’est mieux que n’importe quoi d’autre.
Pour avoir une idée du contenu des manuels, un lien que @delphine2612 avait mis en commentaire: http://veille-education.org/wp-content/uploads/2011/06/La-th%C3%A9orie-du-Gender-dans-les-manuels-scolaires.pdf
[...] Lire le post sur le blog d’Amanda. [...]
@yuki : Entièrement d ‘ accord avec toi !
@sarah : Eh bien non , justement , la » théorie du genre » ne peut faire l ‘ objet d ‘ un seul cours …sauf à aller droit au casse-pipe ! Et c ‘ est le cas , du reste , lorsqu’ on examine le document mis en ligne par @judith .
Ce cours est une catastrophe …aucune , mais alors aucune maîtrise du discours et des concepts abordés !
Enfin bon …c ‘ est un manuel de SVT , alors , rien d ‘ étonnant . Sur bien d ‘ autres sujets que celui-ci , les » spécialistes » en SVT ont fait la preuve du retard accumulé par leur discipline en matière de » formalisation » ( ce qui leurs vaut souvent des railleries de la part d ‘ autres scientifiques – des physiciens , notamment .
Bon , là …je sens que ce que je viens de dire ne va pas plaire à certains » professionnels » parmi les yaggeurs/yaggeuses …. ;-) :-)
Je suis confus, je vais peut-etre etre completement a cote de la plaque, mais, il me semble que ce qui pose probleme, ici, c’est qu’une question scientifique (pour citer le BO n9 du 30 septembre qui fait office de programme, me semble-t-il: « la dualité féminin/masculin est abordée sous l’angle de son ontogenèse aussi bien que pour permettre une approche biologique des questions de sexualité »; scientifique dans un sens general, pas uniquement biologique) s’est transformee en une question « morale » (on va dire ca comme ca). Apres les manuels ont sans doute brode autour avec plus ou moins de succes, mais j’ai l’impression qu’ils demeurent purement illustratifs de cela (a voir ce qu’a pose Judith).
Il se deroule ici exactement ce qui s’est passe avec les lois memorielles (sur la colonisation) ou l’etat a voulu legiferer sur le role positif de la colonisation.
Sauf qu’ici, je crois il s’agit de controler une certaine expression de la science. Mais bon. Comme je le disais au debut, je suis peut etre a cote de la plaque.
@florianleseglisottes : Effectivement , il y a un peu de cela …cela vient en grande partie du fait que la tradition « vitaliste » ne s ‘ est jamais vraiment éteinte dans le domaine des « sciences de la vie et de la nature » ( telles qu ‘ on les nomme aujourd ‘ hui )…
Il est une mouvance qui exige plus de rigueur ( véritablement ) scientifique dans ces domaines ( EBM en médecine et disciplines « afférentes » ) …mais on se heurte souvent à de fortes résistances ( qu ‘ elles s ‘ expriment ouvertement ou non. )
Quelle légitimité ont les députés pour s’exprimer sur les manuels scolaires?
Tu écris dans ton article que les députés ont « juste deux avantages »: disposer d’une documentation et avoir une visibilité médiatique. Tu oublies il me semble un autre élément: ils sont élus. Ce qui, quand on parle de « légitimité » me paraît un élément à prendre en compte.
@amanda : je ne suis pas très emballé par la dichotomie que tu fais entre « la vie » et « la théorie ». Je comprends un peu ce que tu veux dire, mais l’étape de théorisation est quoiqu’il arrive nécessaire pour communiquer (théorisation au sens de « je sélectionner ce qui est le plus pertinent, je ne communique pas des faits bruts »). Du coup parler de théorie c’est neutre, ni particulièrement positif ni particulièrement négatif a priori.
Je ne suis pas une théorie, mais tout ce que je dit est théorie…
Et pour revenir au débat initial, après y avoir un peu réfléchi je trouve que parler de « théorie du genre » a du sens en bio.
Une théorie scientifique qu’est-ce que c’est ? Un ensemble de postulats qui permettent de prédire les résultats d’une mesure avec une précision fixée (j’assume, c’est un physicien qui parle). Ici on cherche à confronter en gros deux postulats différents « Homme et femme sont des identités biologiques immuables qui équivalent à « mâle » et « femelle »" d’une part, et « Homme et femme sont des constructions sociales ». Pour choisir laquelle est la meilleure, on doit trouver une mesure qui sera prédite par l’une et pas par l’autre. Par exemple, on se dit que le boulot de Margaret Mead sur la socialisation des garçons et des filles dans différentes sociétés océanienne pourrait être intéressante. Il se trouve qu’elle montre qu’il existe
1. des sociétés dans lesquelles hommes et femmes ont une psyché proche de ce que nous occidentaux considérons comme « féminin »
2. d’autres dans lesquelles tous ont une psyché « masculine »
3. d’autres enfin dans lesquelles les hommes ont une psyché « féminine » et les femmes une psyché « masculine ».
Conlusion : la première théorie est en contradiction avec ces résultats expérimentaux, on la réfute. La deuxème est meilleure au sens où elle n’est pas mise en défaut. Cela ne veut pas dire qu’elle est vraie…
Pourquoi c’est important d’en parler en SVT et pas comme certains les supposent en socio ou que sais-je encore ? Parce que cela permet d’évoquer les limites d’une théorie scientifique (et oui cela sert d’un point de vue intellectuel et scientifique : ce serait probablement une bonne idée que cela soit abordé sérieusement avec d’être en L3…), parce que justement le programme de SVT parle abusivement d’hommes et de femmes là où il devrait parler de mâles et de femelles etc. Somme toute pas tellement pour dire qu’il y a plein d’orientations sexuelles diverses, même si c’est important aussi (typiquement les quelques fois ou l’on parle de préventions IST…).
J’aurai probablement du conclure.
Le probleme n’est pas du coup qu’ils s’expriment, ils sont tout a fait dans leur travail. Le probleme, c’est l’amalgame qu’ils font entre une question d’ordre social avec une question d’ordre scientifique.
Je continue la comparaison avec les lois memorielles. Quand on criminalise le fait de de nier un genocide, c’est-a-dire un fait (des millions de morts), on interdit de nier un fait. Quand on dit que les colonies ont eu un aspect positif, on dit ce que l’on doit penser d’un fait (la maniere dont s’est deroule la colonsiation).
Ici, c’est un peu la meme chose: il y a une description scientifique, disons objective, de l’acquisition/formation/description/evolution d’un genre chez un individu (dans un sens large). Et cette description ne correspond pas a l’image que ce font nos deputes de notre societe, dans laquelle il serait bon que le male et la femelle soient clairement definis et distincts et se reproduisent entre eux au sein d’une famille mariee. Et c’est ca qui les titille.
@eleuthere : Alors là , je ne suis pas du tout d ‘ accord !!
Tu commets les mêmes erreurs que l ‘ auteur de ce manuel .
Déjà , il faudrait commencer par définir clairement les concepts de base à partir desquels on va développer notre raisonnement .
Une analyse fine permet de démontrer que l ‘ auteur aurait bien du mal , si on le lui demandait , à donner une définition claire et précise de notions elles que » sexe » , » sexuation » , » genre » , » mâle » , » femelle » , » masculin » , » féminin » …
Ces manuels ne parlent pas abusivement d’ » hommes » ou » femmes » là où ils devraient parler de » mâles » ou » femelles » …ceci est pure sémantique ! :-) Parler d ‘ » hommes » ou de » femmes » comme des entités biologiques n ‘ a rien de choquant . Tenter d ‘ établir scientifiquement la part de l ‘ inné et de l ‘ acquis au niveau des comportements de chacun n ‘ a rien de choquant .
Les approches » biologiques » et » sociologiques » ne sont pas nécessairement en concurrence ….elles se complètent , entament un dialogue …en tout cas lorsque l ‘ on a affaire à des spécialistes qui daignent travailler avec rigueur .
Les théorienNEs queers ont des avis aussi péremptoires sur le « féminin » et le « masculin » ( c ‘ est flagrant quand on prend la peine de les lire ) que certains » biologistes » …
Dis donc, Eleuthère , c ‘ est bien gentil d ‘ affirmer que » hommes « et » femmes » sont des constructions sociales …mais alors …comment expliques tu cette phrase ô combien paradoxale ( j ‘ en prends une parmi d ‘ autres ) : » des sociétés dans lesquelles HOMMES ET FEMMES ont une psyché proche de ce que nous , occidentaux , considérons comme ‘féminin’ » …Tu vois où je veux en venir ? :-)
@florianleseglisottes : Il se trouve que la science est aussi un fait social ( Eh oui ! ) :-)
@archblonde : les phrases ne son pas si paradoxales que ça. Dans les sociétés décrites par Mead, il y a bien bipartition des individus en fonction de leurs organes génitaux qui entraîne par des exemples des rôles sociaux distincts. Ce qui n’existe pas dans ces sociétés (ou qui existe mais d’une façon différente de celle que nous connaissons) c’est l’idée d’un ethos genré. Donc il y a bien des hommes et des femmes dans ces sociétés.
Parler d’hommes et de femmes comme d’entités biologiques n’est pas interdit. En revanche on ne « devient [pas] biologiquement homme ou femme » (c’est le titre de chapitres !). Tout le monde a un souvenir assez frappant de ce type de chapitre ou les genTEs supposéEs être nuEs (et donc « juste » biologiques…) sont quand même genrés (organes mâles => cheveux courts, pas d’épilation, organes femelles => cheveux longs et jambes épilées…).
Remplacer « hommes et femmes » par « mâles et femelles » ne me semble pas pure sémantique. Ou alors si j’en crois ces livres je ne serai jamais biologiquement un homme puisque selon toute probabilité je ne ressemblerai jamais aux images « homme ».
Pour ce qui est des théorocienNEs queer en questions, j’ai pas mal lu de quouire taihaurie cette année et je crois surtout qu’elles ont un avis sur le fait que « masculin » et « féminin » sont des catégories vides qui produisent de l’oppression, pas tellement sur ce qu’il faut penser être masculin ou féminin…
J ‘ espère bien qu ‘ il n ‘ est pas » interdit » de parler d ‘ hommes et de femmes comme d ‘ entités biologiques .
Ecoutez , il ne faudrait pas tout ramener à Soi ( pas très scientifique , ça …euh , sinon , juste en passant , comme ça : la définition que vous avez donné d ‘ une théorie scientifique est fausse …Enfin bon , passons … )
Je veux bien croire que les cheveux courts soient le fait d ‘ une construction sociale ( mon auteur préféré est Descartes , donc , pas de souci , je vous suis sur ce point ! lol ! :-) ) , mais je pense qu’ on ne peut en dire autant des poils sous les bras des messieurs ! MDR !
Ecoutez …on ne va pas faire un casting que l ‘ on soumettrait aux votes d ‘un jury dans le but de faire dans le politiquement SUPER-hyper-correct ( on n ‘ aboutira pas , de toutes façons ;-) ) , » choisir » comme » mannequins » pour ces manuels de SVT des jeunes filles qui – pour la seule gloire de la science – daigneraient ne pas s ‘ épiler ( au moins le temps d ‘ une photo ! ) :-) Franchement , excusez-moi du peu , mais là , on tombe dans le ridicule !
@archiblonde : « je pense qu’on ne peut pas en dire autant des poils sous les bras des messieurs »… Bah ça s’enlève assez facilement, d’ailleurs je connais beaucoup de personnes qui le font. Je ne perçois pas vraiment la différence avec les cheveux courts pour le coup.
Mon but n’est pas de dire un casting pour dire qui devrait poser dans les livres de SVT… Simplement de constater que ce qui y est proposé est une approximation de la réalité (puisque l’on parle de sciences) que l’on promeut parfois comme une vérité absolue. Même d’un point de vue strictement biologique, il est loin d’être évident que « avoir des testicule avoir de la barbe ».
Pour ce qui est du problème de l’épilation, dans mon souvenir il n’y avait pas de photos mais plutôt des dessins.
Mon propos n’est pas de dire « il ne faudrait pas dire les choses comme cela », mais plutôt de dire « il faudrait aussi avoir conscience que ce n’est pas complètement neutre ».
Bon, alors …Vous êtes à l ‘ hôpital , votre motilité est limité …vous ne pouvez pas vous raser : vous ( en tout cas l ‘ immense majorité des hommes ) aurez du poil ! Maintenant , le fait de » porter » ( et non pas seulement » avoir » ) une barbe est effectivement le fait d ‘ une construction sociale .
Je ne suis pas rentré dans ce genre de détails tout-à-l ‘ heure car …je ne sais pas si vous avez remarqué , mais mon message se voulait délibérément ironique !
Vous avez peut-être eu de très mauvais profs …cela n ‘ a pas été mon cas . Non seulement il a bien affirmé que l ‘ on devait nuancer le tableau , mais en plus , on a même parfois approfondi à l ‘ aide d ‘ exemples sur lesquels on s ‘ est longuement attardé ( syndrome de klinefelter , syndrome de Turner , etc.)
Plus fort encore : on nous a bien précisé que les femmes aussi produisaient des hormones mâles mais en moindre quantité …et inversement , les hommes produisent des hormones femelles ! Et , illustration de l ‘ influence de ces hormones mâles chez les femmes : les poils pubiens !!
Manifestation ( plus rare :-) ) de l ‘ influence des hormones femelles chez les hommes : la gynécomastie ( parfois très discrète . )
C ‘ est pas parce que certains ont eu de mauvais profs qu ‘ ils doivent en vouloir à la terre entière ! Un peu de recul , que diable ! :-)
@Archiblonde @Eleuthere Je laisse tout le monde s’exprimer en toute liberté ici. Par contre merci de ne pas « hausser le ton »; je peux me tromper mais j’ai l’impression que votre discussion, soit-dit en passant fort intéressante, prend des tournures de pugilat privé nonobstant les smileys.
Oui , c ‘ est vrai @amanda .
Enfin , pugilat …non ! chui un petit peu énervé par ces procès d ‘ intention qui n ‘ ont pas lieu d’ être . Certains profs de sciences nat. ( comme on les appelait à mon époque ) étaient certes réputés pour leur partialité …mais il ne faut pas tous les mettre dans le même panier ( pareil pour les auteurs de manuels )
Une grande partie des professeurs de SVT « oublient » purement et simplement cette partie du programme. Enfin, disons qu’ils sont pris de cours pour finir le programme en fin d’année et, comme par hasard, c’est la partie sur la sexualité humaine qui passe à l’as.
Ben …ça , c ‘ est clair que le niveau des cours des disciplines scientifiques au Lycée a baissé ( euphémisme !! )
Je ne regrette pas d ‘ avoir l ‘ âge que j ‘ ai …
Bonjour Amanda,
J’ai lu avec attention ton article : « Je ne suis pas une théorie » et je partage entièrement ton opinion. Tu fais bien de recentrer le sujet. Quand va-t-on se décider à interroger et tenir compte des expériences des personnes concernées et compétentes par le fait qu’elles maitrisent le sujet plutôt que de laisser décider et diriger une poignés de personne se sentant investi d’un pouvoir et qui vivent totalement en dehors de la réalité du monde.
Merci Amanda pour la pertinence de tes propos.
@Marine11 : tout le monde est concerné par la question du genre. Ce n’est absolument pas une spécificité trans. C’est une erreur de faire une équation selon laquelle genre=trans. De plus, transitionner n’a jamais fourni une quelconque compétence sur la question du genre. Etre trans ne rend aucunement docteur ès genre.
[...] qui pourraient être passées sous couvert. Plutôt que de discuter les aspects scientifiques, Amanda explique qu’elle n’est pas une théorie justement, mais que les manuels devraient représenter le plus fidèlement possible la réalité de [...]
effectivement nous existons, et si il faut aller manifester devant leurs fenetres c’est avant plaisir que je le ferai^^