417 Histoire | Amanda in progress

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Amanda in progress
Histoire | vlog | Woman's Land | 20.07.2011 - 10 h 07 | 13 COMMENTAIRES
Quotidien en bazar

Je suis paresseuse ce matin, je ne résume pas !

Histoire | vlog | Woman's Land | 20.07.2011 - 00 h 57 | 6 COMMENTAIRES
Quotidien en pagaille

Dans un élan de courage inadmissible, voici un nouvel article ponctué d’une video ! Comme ça je vais pouvoir faire taire les rumeurs de ma mort prématurée par mangeage de choucroute prohibée.

Il y a trois semaines j’ai pondu ce ratage video sur youtube.
C’était tellement honteux que je ne l’ai même pas postée ici. Je ne la conseille pas. Sauf si évidemment les redifs de derrick s’arrêtent subitement, alors là, oui, je vous y autorise.

Autant en lire un beau résumé n’est-il pas ?

J’y causais de mes différents changements physiques dus à mon traitement
… le fait d’être devenue une chieuse patentée à chaque fois que je sors avec mes amis. Je les soupçonne d’ailleurs de préparer un assassinat afin de me stopper : J’ai surpris l’un d’eux à acheter du chou, des saucisses et des pommes de terre. Ces signes ne trompent pas ! Je deviens casse-bonbons.
… le fait de ne pas ressentir d’émotivité particulière, pas de crise de larme, pas non plus de déprime comme ça peut être le cas avec l’androcur.
… pas de saut d’humeur non plus hormis envers un client lourd qui le méritait amplement [Mauvaise foi powwa]
… l’augmentation de ma poitrine. Faut que j’arrête d’en parler on va croire que j’aime les poitrines, non non juste la mienne ^^
… le manque de rapidité de ma transition. Ca traine !! J’enrage, je veux tout changer tout de suite. Allez hop je gagne au loto et c’est bon !
… l’amélioration de mon sourire : ça c’est le truc totalement inattendu, mon sourire est plus joli, plus féminin. Ok j’arbore toujours un tas de grimace mais quand je souris au moins je ne ressemble plus a Voldemort. Mes pommettes ont remontés je crois, ou alors c’est subjectif.
… mon nez est censé s’être affiné. ma grand-mère a marché sur la lune aussi.

J’y expliquais que j’avais enfin pris un rendez-vous en aout chez un dermato afin de chasser le poil vagabond façon texan versus mexicain, le laser en prime. Que c’était un soulagement d’espérer ne plus en avoir un jour. Il n’y a que quand je n’en vois pas que je me sens vraiment féminine. C’est un calvaire a porter chaque jour. Sisyphe vous connaissez ? C’était de la gnognotte.

Je m’y lamentais sur mon appétit sur-consommateur. Cette impression d’être Obelix en permanence, d’avoir toujours envie de grignoter un sandwich ou des gâteaux alors que même je viens de sortir de table. Cette impression d’être un ventre sur patte incapable de raisonner sereinement. Pour l’instant je tente de me contrôler. Je fais 70kg, je ne veux pas monter au dessus. Je ne fais pas de régime non plus mais je me surveille, je mange des légumes, je bois moins de bière, je me restreint le pain de mie. Par contre il m’est toujours impossible de résister à une belle tablette de chocolat, miam !

J’y racontais que je suis partie en vacance à la Rochelle avec mes amis, ceux dont je parlais dans mes deux derniers articles, et que ça n’avait été que des bons moments avec eux depuis mon annonce et qu’accessoirement je bouffais encore plus en vacance si c’est possible.

J’y mentionnais aussi la demande d’ALD faite avec mon médecin traitant. L’ALD vous savez c’est le papier exprimant une maladie de longue durée et pour laquelle on souhaite être aidée financièrement dans les différents traitements et prestations médicales. J’ai eu une réponse positive de la sécu : oui je suis admise et j’ai maintenant le droit à l’ALD !!!.. par contre je ne sais toujours pas quels prestations ça couvre. Mon médecin ne m’a toujours pas répondue à ce sujet.
Le remplissage de la demande fut épique aussi : il m’a conseillée de mettre que j’étais dépressive voir suicidaire. Ça me met en émoi, en quoi le fait d’être dépressive et suicidaire est un bon critère ? Non je ne suis pas dépressive, je n’accepte pas cette étiquette de plus. J’ai été longtemps mal dans ma peau c’est un fait, je n’étais pas heureuse, mais mon caractère n’est pas par nature dépressif. J’ai bien envisagé le suicide plus d’une fois mais sans jamais allez plus loin, je vois toujours le futur de façon optimiste. Être dépressive ou suicidaire est un sujet sérieux ET différent. Ne mélangeons pas tout.
Et puis j’ai peur que ça me joue des tours :

cette personne est suicidaire et instable, elle n’est pas claire avec elle-même, on lui refuse le changement d’état civil

… Allez savoir les raccourcis idiots trouvés parfois dans les esprits étriqués.
Je ne comprend pas ce besoin absurde de préciser cette info. Faut-il être déjà noyée pour songer a envoyer de l’aide ? …

Enfin bon tant pis puisque je l’ai eu quand même, Yahaa !
Heureusement vu le prix de certains soins et ce que coute une transition aussi bien en soins médicaux, en psy, en procédures administratives, en vêtements, en maquillage, en accessoire, en vie sociale tout simplement. Messieurs, vous savez combien ça coute un collant ou un pot de crème épilatoire ? Ça vaut une fortune d’être une femme mon bon monsieur, une fortune.

J’y répétais ce que m’a conseillée mon psy :
… qu’il est possible de faire une demande de changement de prénom indépendamment d’un changement de numéro de sécurité sociale. Il m’a cité l’article aussitôt oublié mais confirmé sur le site service-public.fr.
… qu’il est possible d’être soutenue grâce à l’aide juridictionnelle.

J’y abordais mon passage éclair à Bordeaux pour aller voir ma mère et essayer de lui parler de ma transition. Chose avortée a cause de son travail. Je ne l’ai vu qu’une heure en mangeant et pas en tête à tête tant qu’à faire.

Enfin j’y livrais une anecdote magique : Pendant mes vacances, j’ai été invitée aux 20ans d’une copine. Donc grand branle-bas de combat, famille proche, famille lointaine, amis de toujours, brunch d’environ 5 heures suivi tout de suite d’un diner de 4 heures entrecoupé de jeux et de danses. Une véritable fête de famille comme on en voit plus ! Et moi au milieu de tout ça avec quelques amis. Une fille un peu spéciale. Auprès de tout le monde j’ai été présentée comme K. Ce que je n’avais pas vu venir par contre c’était la ribambelle de gamins. C’est justement une petiote à l’origine de mon anecdote. Elle est venue a un moment discrètement vers moi et me glissa à l’oreille

-Tu t’appelle comment ?
– Euh Kévin…
– Mais t’es une fille !?

…j’ai souri bêtement et je me suis éloignée. Un peu plus tard, alors que j’étais certainement occupée a glousser avec mes copines, elle revient à la charge et me dit tout de go devant les autres

J’ai décidé, tu as des boucles d’oreille donc tu es une fille

C’est candide, c’est fin, ça se croque sans faim !
Mes copines et moi on s’est regardé puis souri mais cette fois de connivence.

Les enfants sont formidables !

Histoire | Woman's Land | 19.05.2011 - 23 h 01 | 27 COMMENTAIRES
Lâche papier

Je m’apprête à faire une lâcheté depuis quelques jours.

On me dit parfois via Youtube ou Yagg ou Facebook que je suis courageuse de faire une transition, d’affronter le regard des autres ou encore de prendre des décisions. En vérité il n’y a rien la dedans de courageux. Car ce n’est pas du courage que de prendre une décision concernant sa propre vie. Accepter la vie dans laquelle on est heureuse est nimbé d’égoïsme et d’auto-satisfaction. Cela fait longtemps que je vis différemment, affronter le regard des autres c’est ce que nous faisons tous tout les jours, que l’on soit transgenre ou cysgenre. La diversité de nos mondes, de nos ethnies, de nos dieux, de nos genres et de nos causes font de nous des gens différents en permanence. Je n’affirme pas que vivre en femme après avoir toujours été un homme serait un chemin pavé de réussite mais ce n’est ni plus ni moins que ce chacun vit chaque jour à sa manière avec ses propres différences plus ou moins visibles.

Donc non, je ne suis pas courageuse, je ne suis que moi (Voyez à quel point c’est dernière phrase est égocentrée).

Au contraire je prend conscience à quel point ça peut être lâche et terriblement égoïste par moment de prendre des décisions. Car si on considère qu’il faut une force pour affronter des inconnus quand on est trans, on semble oublier que toute évolution sociale de soi, de son identité, aura un impact très fort sur nos proches, le cercle social en prendra un coup au risque de rompre. Notre famille, nos amis doivent affronter eux aussi quelque chose d’important mais trop souvent mis sous silence : le pied du mur. La brutalité du changement.

La lâcheté dont je parle est celle de ne pas aller les voir tous, un par un, pour leur exprimer ce que je ressens. Je n’en trouve pas le courage justement. Les affronter, faire un second coming-out, 10 fois, 15 fois … non je ne sais pas, plus, comment faire. J’ai bien essayé, j’ai lancé des perches, des poutres même, il n’y a pas jamais de bons moments. Jamais d’occasion à ma portée ni suffisamment d’équilibre et d’assurance en moi pour ça. Les instants entres amis sont trop fugaces et malheureusement le temps ne ralentis pas. La force m’abandonne. Luke aide moi.

Ma mère vit à Bordeaux, je vis en Bretagne. 600km nous sépare. Pas facile de se voir. En vérité je n’ai pas vu ma mère depuis l’été dernier. Elle a refait sa vie de son côté, j’ai continué la mienne. Je l’aime mais nous ne vivons pas ensemble. C’est comme ça dans ma famille… La semaine dernière pourtant elle m’appelle pour me dire qu’elle sera le lendemain en Bretagne, chez MamGoz, à 100km de moi. J’ai alors trouvé des excuses miteuses afin de ne pas y aller. C’était une occasion rare pourtant d’aller lui parler ainsi qu’a ma Grand Mère de ce que j’ai sur le cœur mais ce cœur a des raisons que ma raison ignore. Feinte, Louvoyement. Je l’ai manqué. Quand est ce que j’en aurais une autre occasion ? Peut-être pas de suite.

Avec mes amis, c’est sensiblement un autre cas. Eux c’est ma petite famille, je les vois tous les jours. Je travaille avec beaucoup d’entres eux. Nous nous sommes connus même avant de travailler ensemble. Nous passons nos week-ends ensemble, nous nous retrouvons à chaque coin de la ville. Là c’est le trop plein d’occasion et pas une « intime » qui est bloquant.

Aussi depuis quelques jours, je leur rédige une lettre, je mets par écrit ce que je vis, ce qui changera pour eux, ce qu’ils verront, comment ils me nommeront et à quel point je les aime et ne souhaite pas les perdre. Demain je la posterais, par mail histoire gagner la couronne de la lâcheté, puis partirais en week-end. Je leur laisserais le temps de lire et de me découvrir. Seuls. N’est ce pas qu’il n’y a aucun courage la dedans ? En ais-je honte ? Oui et non. Oui pour toutes les raisons précédentes et non car ça devient une nécessité, je ne peux continuer à faire mentir mon corps. Il me trahira a un moment si ce n’est déjà fait. Attendre plus m’angoisse, les affronter m’angoisse, bousculer leur vie m’angoisse. Prendre des décisions pour soi ce n’est jamais sans conséquence pour les autres.

Seulement ne rien faire serait pire que tout. Maintenant je vais me préparer pour recevoir leurs réactions. Comme on dit on sait ce qu’on gagne mais on ne sait pas ce qu’on perd. Verdict très rapidement.

In fine j’en ferais peut-être autant avec Maman.

Je termine avec cette chanson redécouverte cette semaine et diapasonnant étrangement avec mon état d’esprit et la situation :

(voir ici)

La version Gainsbourg/Birkin/Dutronc

Histoire | 23.03.2011 - 03 h 44 | 11 COMMENTAIRES
Mutations de Mars

Ô qu’il est beau ce 23 Mars 2011 !!!

Tellement beau, et c’est tellement rassurant pour notre futur. Vi c’est important qu’il fasse beau à partir d’aujourd’hui et que ça continue dans les prochains jours car il parait qu’un gros nuage vert fluo et très méchant a trouvé le moyen de passer les frontières ! Et pourtant les douaniers avait bien arrêté son grand frère en 1986. Voilà où ça nous mène l’ouverture des frontières tss …

N’empêche le nuage moribond, pour ce second essai, aura été plus lent à nous parvenir, 10 jours au lieu de 4. Je le sais je suis née juste en dessous. Le 30 avril 1986, alors que le nuage de Tchernobyl jouait avec vos thyroïdes et vous bousillait la moelle épinière, moi, 4.07kg de bidoche en pleur, je faisais souffrir ma mère en salle d’accouchement. Au passage, elle n’hésitera jamais à me rappeler que j’étais obèse à la naissance. Bizarrement ça l’a plus marquée que la catastrophe nucléaire.

Mon père lui par contre se pré-occupait un peu plus de Tchernobyl que de s’inquiéter de sa femme en salle d’accouchement vomissant tripes et boyaux (une naissance c’est seulement beau à la télé). Il a toujours été comme ça mon papounet, préférant regarder le ciel alors qu’une chose dangereuse débarque sur terre. Moi. Pas le nuage.
A sa décharge c’était sûrement de la déformation professionnelle, en tant que spécialiste en radio-protection et ayant appris deux-trois trucs sur le nucléaire à la Hague, il se sentait sûrement concerné par la catastrophe de Tchernobyl.
Je l’imagine bien se la raconter à l’hopital en expliquant aux autres Mamans comment elles allaient devenir radio-actives et leurs bébés muteraient ou comment le nuage frippon jouaient à cache-cache avec les postes frontaliers et les autorités.

Toute ma vie j’ai entendu parler de Tchernobyl, je connais l’histoire certainement mieux que la plupart des gens de mon âge. Toute ma vie j’ai donc été bassinée par ça car j’ai eu le malheur de coïncider. Bizarrement point de peur ou paranoïa ! Au contraire, j’ai tellement été saoulée avec les histoires de mon père sur les multiples incidents avec des isotopes radioactifs qu’il a rencontré …

… ahahah encore un collègue aspergé d’isotopes ! On l’a foutu à poil sous la douche froide, et pendant qu’on se marrait, lui n’en menait pas large ! Ah le con, t’aurais vu sa tête :D « 

… si bien que j’ai du développer un je-m-en-foutisme-radioactif accompagné d’une légère fascination pour ce truc invisible et cavalier.

Or presque 25 ans après la catastrophe de ma mise au monde, une autre centrale fait des siennes – Merci c’est trop sympa les amis, je n’aurais jamais pensé à ça comme cadeau d’anniv’ – et éjecte son nuage radioactif dans l’atmosphère, cette fois, ni moribond, ni frippon, juste nippon, le nuage en tant que japonais assume fièrement la traversée d’un continent et deux gros océans pour nous rendre visite. L’appel de la Tour Eiffel certainement.

Et cette fois encore mon pater me serine les mêmes histoires droles au téléphone pendant qu’il regarde le ciel … Cependant entre deux délires sur ces envies d’écrire à Yukiya Amano et Mohamed El Baradei pour prendre des nouvelles de la famille, il m’a tout de même donnée deux conseils que je pense être juste et que donc je partage. Je lui fais tout de même un peu confiance, il est capable de me sortir de tête, la durée de demi-vie de nombreux éléments de la carte des nucléides ou d’expliquer sur une serviette en papier les réactions à l’intérieur d’une Bombe A ou H (j’vous jure qu’il m’a déjà fait le coup).

  • Son premier conseil c’est d’acheter un parapluie. Ça peut paraître simpliste mais tant qu’il ne pleut pas, le danger est moins grand, s’il se met à pleuvoir il vaut mieux rester à l’abri et si on est forcé de sortir sous la pluie, de le faire avec un parapluie. L’important c’est que les vêtements ne soient pas mouillés car alors la radio-activité ne pénètre pas dans les tissus et le contact avec la peau est moins grand. Quitte à jeter le parapluie ensuite bien sûr. En cas de vêtement mouillé, il m’a aussi conseillée de les mettre à l’écart des autres.
  • Son deuxième conseil c’est un truc tout con pour éviter que une contamination trop importante si on apprend que l’on a été exposé : prendre une douche sous la température du corps humain. Pas la peine d’en prendre une glacée et faire comme papa qui adorait embêter ses collègues avec de l’eau bien froide (du sadisme refoulé ?). Non juste moins de 37°C car les pores de la peau ont tendance à se refermer sous l’eau froide. Sans être une protection absolue, c’est une bonne manière pour que les éléments radioactifs ne se fixent pas sur votre corps. Bon après c’est sur que ça ne vous protège pas si vous avez inhalé de l’air contaminé, là vous devrez espérer que c’était seulement de l’Iode-131 (durée de demi-vie 8 jours) …

Comme en Mars on est pas à l’abri d’une giboulée, on ne le dira jamais assez : sortez couvert !

C’était Tati Amanda en direct de Bretagne, un des endroits les plus radioactifs en France. Ouaip ici on a du Granit…

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