417 Libertés | Amanda in progress

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Amanda in progress
Histoire | Libertés | T | 19.11.2013 - 23 h 04 | 9 COMMENTAIRES
Existrans 2013

Je ne ferais pas ici de point sur la forme de l’Existrans (le 19 octobre dernier), je sais que beaucoup aiment critiquer l’organisation, le parcours, la communication, et je ne sais quoi encore… tout ça ne m’intéresse pas. Parce que quoi qu’on dise, ça reste la seule marche pour les droits des Trans* en France et qu’un peu d’unité ne fait de mal a personne.

Pas plus que je n’entrerais dans les éternels débats intestinaux, houleux parfois, que l’on retrouve dans toute manifestation et toute association, qu’il faut donc relativiser. Le consensus est difficile lorsqu’il s’agit de sujets sociaux, que l’on s’appelle Centre LGBT, Act’UP ou Existrans n’y change rien. C’est le lot de tous les militantismes.

Je pourrais parler du message en revanche mais je ne ferais que reprendre le communiqué de presse de l’Existrans, je laisse donc votre curiosité s’emparer de 4 minutes de votre vie et vous faire suivre ce lien : Communiqué

Non je voulais juste partager un peu de ce que j’ai vécu ce jour-là et le mieux c’est encore de réutiliser mon message posté sur Facebook en rentrant chez moi lorsque mon esprit était encore à Paris :

Se faire plus de 1000 bornes dans une journée,
Marcher des km dans un Paris coloré et militant avec les amiEs,
Discuter un maximum avec chacunE,
Faire beaucoup de câlins,
S’être évanouie en fin de marche,
Avoir dormi 10 heures d’affilée au retour,
Avoir mal partout,

Mais surtout avoir le sentiment d’un moment important pour nos droits et avoir la fierté d’y être allée !

Pour moi c’était la première marche Existrans, je sais pourtant qu’elle existe depuis 17 ans et qu’elle a été créée à l’initiative de plusieurs militants notamment Tom Reucher, psychologue clinicien qui officie maintenant sur Brest et avec qui j’ai eu la chance de faire une conférence sur les transidentités à Lannion le 17 mai dernier.
Si je tiens à rappeler que c’était la 17ème edition c’est que j’ai été assez écœurée par des phrases du genre « Après les homos maintenant ce sont les trans qui nous emmerde ! ». Non désolée ce n’est pas maintenant, c’est depuis 17 ans !!!

Pourquoi était-ce ma première marche alors ? Par difficulté à aller à Paris, tout bêtement. J’ai beau être privilégiée parce que j’ai un travail et un salaire qui me permet de vivre, il n’en reste pas moins que mes moyens sont limités. C’est l’occasion de le rappeler : de nombreux-ses, trop nombreux-ses Trans sont précarisé-e-s aujourd’hui par des institutions extrêmement rigides. Si j’en parle c’est pour expliquer, en partie, pourquoi peu d’entre nous font le voyage (nos priorités vont souvent à nos soins, opérations, etc) et donc pourquoi l’Existrans rassemble aussi peu de monde par rapport aux marches des fiertés (entre 700 et 2000 personnes). Aussi je fais un message aux copines et copains cisgenres : pensez « retour de baton », l’année prochaine aidez-nous à grossir les rangs de l’Existrans.

Argument ultime : on se fait pleins de calins tout le long du parcours ! <3

Mais il serait injuste que je dise que la solidarité cis-trans n’existe pas, par exemple je sais que de nombreux Yaggeurs et Yaggeuses étaient là, donc celles et ceux qui sont venu-e-s ont toute ma gratitude ! Vous êtes grand-e-s ! Un merci tout spécial a SylvainJ d’avoir essayé de rameuter du monde via son blog :)

Une remarque à l’attention des médias : le 18 octobre, quelques centaines de lycéens défilaient quasiment au même endroit, le 20 octobre quelques dizaines d’extrémistes anti-mariage hurlaient des horreurs dans les rues de paris, pourquoi les journaux et télévisions ont-il couvert les deux manifestations et pas l’Existrans ? Sujet tabou ? Pas assez de violence ?

Demain, 20 novembre, c’est le TDoR, c’est à dire la journée de souvenirs pour les trans assassinées dans le monde. Dans cette catégorie on trouve les meurtres transphobe mais pour ma part j’inclus très volontiers toutes nos institutions, toutes nos administrations, car celles-ci poussent au suicide encore et toujours par leur immobilisme et leur passéisme. J’espère qu’a l’occasion de cette journée, enfin quelques médias généralistes arrêteront de faire le jeu de ces institutions en ne les remettant jamais en cause, en n’écoutant jamais les revendications légitimes des trans. J’espère mais je me fais peu d’illusion, l’humanisme ne rapporte pas malheureusement.

Je termine par une note positive tout de même, j’ai été extrêmement ravie de retrouver des ami-e-s lors de cette marche : Misstinguette <3, Damia, ChouPY, Christine, Françoise, Danielle, Paul, Elodie, Caro, Sander, Xavier, Julie M, Liz, Andrea, Lucie, Antonin, Julien, Michel, Olivier, Yann, Tom, Maria, Coline, Oscar, Olive, Lova, José et tous ceux que j'ai oublié ou raté… Je vous donne mon amour sans condition, sans restriction !

Enfin un petit souvenir que je partage afin d'illustrer cette journée, cette photo prise au détour de la marche par un photographe amateur :

©Julien GAILLET

Julien GAILLET – CC BY 3.0

Histoire | Identités | Libertés | T | vlog | Woman's Land | 05.08.2013 - 12 h 47 | 2 COMMENTAIRES
Quand @LaLigneDeFree fait preuve d’intelligence

Suite a mon billet publié vendredi soir, quelques copains twittos ont décidé de retwitter mon problème à la @LaLigneDeFree tout le week-end (Merci notamment à Paul et Ishimaru !!) ce qui a fait réagir le Community Manager de Free ce matin dès 9h30 :

Ensuite à 11h45, je recevais un mail de sa part :

Bonjour Madame,

Je suis Community Manager chez Free et j’ai pris récemment connaissance de votre situation chez nous et de notre refus jusqu’à aujourd’hui d’accéder à votre demande de changement de prénom. Je viens de vérifier sur votre dossier et le scan de PI fourni me semble parfaitement lisible. Je m’engage auprès de vous à faire le nécessaire pour que cette modification soit faite le plus rapidement possible.

Je vous prie, en attendant, de bien vouloir accepter nos excuses pour la lenteur de cette procédure.

Bonne journée,

A 12h00, je recevais un mail automatique de prise de ma demande de changement de prénom.
À 12h30, je recevais un sms automatique de confirmation du changement, ce que j’ai pu vérifier dans l’interface en ligne.

Je n’en reviens pas, je suis vraiment heureuse que ce problème soit enfin réglé, ça ne parait pas être grand chose mais je me suis tellement battue pour faire reconnaitre mon identité qu’une épine désagréable comme celle-là devient rapidement un poids. Je remercie d’ailleurs énormément le Community Manager de Free d’avoir réagi et rattrapé le tir de ses collègues. Ce n’est pas vraiment la voie normale pour régler un souci comme celui-ci donc je ne vais pas effacer mon article car le problème pourrait se représenter à d’autres, j’espère seulement que ça ne sera pas le cas et que la prochaine fois le service concerné fera preuve de moins de zèle.

Libertés | 12.04.2013 - 12 h 14 | 3 COMMENTAIRES
Mariage pour tous adopté au Senat

Il y a des jours comme ça où on veut crier victoire face aux courants extrémistes de tous poils qui veulent empêcher les autres d’accéder au bonheur.

Libertés | 22.12.2010 - 09 h 12 | 9 COMMENTAIRES
~1 = 1+2+1+1+2+3+1+1+1*5-2/5%1,355√(∞-1)+13^4

Lundi j’ai fait un bond en lisant, ici même sur Yagg, un article relatant la présence, dans le blog de Bernard Poignant, d’un post particulièrement maladroit de la part de l’auteur. Ce dernier y explique en substance que vouloir l’homoparentalité serait la porte ouverte à toutes les dérives des familles modernes, la mort de la famille traditionnelle, et la perte de repères pour les générations futures.
Et par extension, à la fin des loutres parce que bouffées par les bébé-phoques. Ouais il n’y va pas de main morte le bougre.

Etant Bretonne et lui Maire de Quimper, nous partageons un espace et une culture commune. Je m’offusque de son message car j’estime la Bretagne être une région très ouverte sur les questions LGBT. J’en veux pour preuves le Festy Gay annuel de Gourin à quelque kilomètres de Quimper ou encore la Gay Pride Rennaise connue pour être protégée par les élus locaux. Dans cet article, je ne ferais pas une réponse à Monsieur Poignant, d’autres l’on fait bien mieux que moi : Homosexualité et Socialisme ou encore MaxLeMans en écrivant des lettres ouvertes.

Par contre, le fond de l’article me titille. J’y lis, comme j’entends dans de nombreux discours d’autres politiciens, des arguments vagues, sans fondement et ayant pour seule base la peur du changement.

Le premier avancé par le texte est, en paraphrasant, « Légaliser l’homoparentalité équivaut à légaliser la polygamie » :

Il existerait de 50 000 à 150 000 enfants vivant en France dans des familles polygames sans que personne n’exige une loi pour légaliser ce type d’alliance.

Et le second « Comment un enfant grandi sans repères masculins et féminins ? » :

A mes yeux et quoiqu’il arrive, il se construit dans l’altérité des genres, masculin et féminin, père et mère. Qu’ils soient présents ou absents, parfaits ou imparfaits. Un enfant doit toujours savoir qu’il a ou a eu un père et une mère.

Les ficelles du premier sont tellement grossières que je demande encore comment il peut les présenter sans avoir honte. Doit-on vraiment expliquer la différence entre les notions d’adoption et d’alliance à un Maire ?! Pourtant dans sa position, il doit souvent avoir l’honneur d’officialiser de nombreuses unions mais assez peu d’adoptions.
Non Monsieur Poignant ce ne sont pas des choses comparables. Ce qu’on nomme Homoparentalité, c’est purement et simplement la possibilité pour deux adultes de même sexe d’assumer la responsabilité au quotidien d’un enfant de manière administrative. Cela n’a rien à voir la sexualité des parents. C’est juste le besoin d’assurer à un enfant le maximum de stabilité sociale et légale auquel il a parfaitement le droit en tant que citoyen même très jeune. On se fiche de la sexualité des parents ! L’enfant s’il a deux parents effectif, biologiques ou non, homo ou non, à le droit d’avoir deux parents sur les papiers administratifs.
Ouvrez les yeux en grand et lisez : on vous parle des droits de l’enfant ! C’est bien dans l’intérêt de l’enfant, ce n’est pas un désir égoïste puisque cela supposerait que les parents homos n’existent pas tant que les papiers n’en font pas foi.
Encore une fois, ouvrez les yeux : Les gens n’attendent pas des papiers officiels pour avoir des enfants. Ils ont des enfants et de fait sont reconnus comme parents.

Le problème est administratif et non social. La France reconnaît cinq cas de filiations :

  • pas de parenté : pupille de l’état
  • la parenté « biologique » suite à la reconnaissance d’un seul parent
  • la parenté « biologique » suite à la reconnaissance de deux parents
  • la parenté suite à l’adoption par une personne seule
  • la parenté suite à l’adoption par un couple : un homme et une femme

La légalisation de l’homoparentalité c’est le fait d’admettre une autre possibilité à mi-chemin des deux dernières :

  • la parenté suite à l’adoption par un couple : deux hommes et/ou deux femmes

Clairement rien à voir avec la polygamie.

Le second argument est plus fourbe, plus insidieux. Il a été maintes et maintes fois instrumentalisé au cours de la décennie pour aller à l’encontre de l’ouverture de l’adoption homoparentale. Il se fonde malheureusement sur la bêtise et la facilité.
Bêtise car les politiciens, sans aucune base scientifiques, études sociologiques ou études psychologiques, ont simplement décrétés qu’ils connaissaient mieux que tout le monde les besoins d’un gosse.
Facilité parce qu’ils font un super raccourci sur la construction d’un gamin et c’est là dessus en particulier que je souhaite revenir :
« Un enfant se construit avec un père et une mère ».

Bravo c’est simple quand on y pense, un gamin c’est jamais que le somme de deux personnes n’est ce pas ? 1+2=3 … Et bien je ne suis pas d’accord, ce n’est pas ça un enfant. Un enfant pour commencer c’est une personne a part entière avec une faculté de réfléchir, d’analyser, de concevoir des idées, de chercher et trouver des repères qui lui convienne alors arrêtons de lui prêter des facultés d’huîtres merci !

Un enfant dispose de beaucoup plus de deux personnes pour se construire une identité, en réalité il côtoiera dans sa vie toute une galaxie de personnes : les parents bien sûr, mais aussi les grands-parents, la famille (frères, sœurs, cousins, tantes, oncles), les voisins, les professeurs, les amis, les vendeurs de bonbons, les boulangers, … Bref c’est ce qu’on appelle généralement les relations sociales. Je m’étonne qu’un maire socialiste ait oublié la racine d’un mot qu’il défend. Ce sont ces relations là qui vont permettre à un enfant de se construire une identité complète, il ira chercher au delà du cocon ses repères. Sans oublier les livres, les films, l’éducation scolaire, la musique, la culture en somme qui lui apporteront d’autres clés. C’est faux de croire que seuls les parents ont de l’influence sur les enfants.

Et que dire des familles recomposées ? Personnellement j’ai eu un père, une mère et un beau-père. Donc trois parents et c’est sans compter les quelques années où ma grand-mère vivait à la maison … En fait ça devient rare les gens qui peuvent dire « j’ai eu un père et une mère, ni plus ni moins ».

Maintenant prenons la fameuse idée selon laquelle il y aurait des repères masculins transmis par le père et des repères féminins transmis par la mère. Vous ne sentez pas un vieux relent moisi de sexisme là ?! Si l’on suit la logique binaire et la poussons un peu on retrouve les vieilles valeurs désuètes d’antan : Maman apprendra a Fillette la couture et la popote, Papa apprendra a Fiston le foot et le bricolage.
En 2010, on en est encore là ? Sérieusement ?

Ma jeunesse c’était pas ça du tout, si je devais donner quelques exemples pèle-mêle…

  • Je sais coudre grâce a ma grand-mère
  • Je me tient droite à table et suis polie grâce à ma mère et ma grand-mère
  • J’ai le goût du bricolage grâce à ma mère
  • J’ai le goût des sciences grâce à mon père
  • Je n’ai jamais été sportive car mon frère l’était lui
  • Mon imagination s’est forgée grâce à mon futé de frère
  • Ma mère ma poussée a la créativité par le dessin autant que les legos
  • Ma petite voisine m’a permis de jouer avec ses jouets
  • Mes copains m’ont permis de développer le sens de la bếtise
  • Leurs parents m’ont appris le sens de « punition »
  • Mon beau-père m’a transmis le cynisme
  • Le besoin d’écriture vient de ma maîtresse de CP
  • J’aime la littérature grâce à ma voisine bibliothécaire
  • La musique a une place centrale dans ma vie grâce à mes amis
  • Ma fantaisie me vient de certains de mes profs
  • Mon esprit de contradiction, de débat, de partage, s’est créée avec Internet
  • Ma sexualité s’est exprimée grâce à l’internat

Ce serait difficile de lister l’aspect et la provenance de chaque élément de ma vie mais je suis certaine de trois choses …
… Je me suis construite à partir de plus de deux personnes
… Mon identité n’est pas juste constituée de repères féminins transmis par ma mère, ni l’inverse.
… A 24 ans, je ne conçois pas que mon identité soit terminée.

Mais avant de parler de « repères » peut-être faudrait-il les définir : connaissances ? réflexes ? idées ? valeurs ? Une identité ça ne se résume ni par des « repères » ni par des parents.

Laissez donc les phoques adopter des bébés-loutres !

Libertés | 23.11.2010 - 15 h 41 | 1 COMMENTAIRES
Petites boites

Les habitués de la serie weeds reconnaîtront la chanson de Malvina Reynolds utilisée dans le générique.
Ici c’est repris, en moche (la video pas la musique) et en français par Graeme Allwright.

J’ai toujours adoré les paroles « little boxes » en anglais car elles critiquent les nombreux habitats construits sur les mêmes modèles, sans aucune originalité et où les gens s’y confondent, s’y uniformise, font les mêmes boulot et s’y emmerdent. Ils ne sont plus unique.
Si une chose me fait peur c’est bien l’uniformité parce qu’elle entraîne aussitôt une perte de liberté : de fantaisie, de créativité, de penser autrement. Notre environnement proche, nos maisons, nos vêtements, nos objets sont un moyen de communiquer et de s’affirmer. Pour moi, ça peut avoir une forte influence sur les petites cases dans notre tête : Comment peut-on se sentir libre, comment peut-on accepter les différences ou les affirmer quand l’on est enfermé dans des cages dorés ou citadelles grises ?

A ce propos, je rêve de pouvoir bidouiller moi-même le thème de ce blog. Quelqu’un l’a déjà fait ?

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