417 Amanda in progress

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Amanda in progress
Histoire | Identités | T | Woman's Land | 28.05.2013 - 22 h 05 | 8 COMMENTAIRES
Mon expérience avec l’EFS

Tout comme il me semble normal de râler quand je me confronte parfois à des personnes ou administrations butées il me semble tout a fait normal aussi de le dire quand une situation a priori désagréable se passe relativement bien.

Ce midi j’ai tenté un don du sang. Pour la petite histoire j’ai fait pendant plusieurs années ces dons qui me semblent tellement peu pour moi et tellement utiles pour les autres, puis j’ai arrêté en 2008 en réaction aux directives de l’EFS concernant les personnes homosexuelles qui me rendaient malades…

Je tiens tout de suite a préciser que cette expérience du jour n’est pas une réalité absolue, que d’un endroit à l’autre, d’un médecin à l’autre, le résultat aurait pu être différent. Je ne publie ce témoignage que parce que j’avais une belle frousse d’y aller depuis ma transition et que maintenant j’irais le cœur moins lourd.

Justement entre 2010 et aujourd’hui j’ai transitionné et tout ce temps des questions me taraudaient : En tant que trans MtF aimant les hommes comment j’allais être perçue et reçue ? Et est-ce que mon traitement hormonal pouvait me rendre irrecevable à un don du sang ? Est-ce qu’un refus du médecin me mettrait sur une liste noire ?

Mon avantage sur cette dernière question c’est que mon état civil est encore le même qu’avant mon jugement (merci les délais administratifs) donc même si je me retrouvais en liste noire, mon changement d’état civil me permettrait d’en sortir toute seule et de me réinscrire plus tard sous mon nouveau prénom. (Non je ne suis pas froide et calculatrice, j’aime bien avoir une stratégie de repli !).

Donc ce midi je me rends au don du sang dans ma petite ville, comme auparavant en attendant d’être appelée par l’infirmière qui gère l’accueil je prépare ma « Carte Nationale de Donneur de Sang » contenant tout un tas d’infos : mon rhésus, mon « numéro de donneur », ma date de naissance, et évidemment mon ancienne identité avec juste devant la mention « Monsieur ».

Et paf !

Vous voyez venir la suite ? Je me présente devant l’infirmière et donne ma carte, réaction immédiate « Mais ce n’est pas votre carte ! ». Et moi de lui répondre « aie euh … c’est bien mon ancienne identité, j’ai changé d’identité vous voyez ? ». Un petit moment gêné de sa part mais elle comprend immédiatement, commence le traitement de mon inscription au don du jour et puis pars tout à coup. Je la vois se diriger vers un box où se trouve une médecin. La discution dure 2-3 minutes puis elle revient l’air soulagé et continue son travail. Elle me remet le questionnaire a remplir et me demande de revenir la voir ensuite.

A ce moment là je tremble comme une feuille, je n’ai passé que la première étape même si ça semble en bonne voie.

Je rempli le questionnaire en laissant intentionnellement vide la partie « relation entre hommes », par contre j’ai coché honnêtement la case « j’ai suivi un traitement ces deux dernières semaines » (mon THS !). Je retourne voir l’infirmière qui m’envoie immédiatement vers la médecin avec qui elle avait parlé (dépassant toute la file d’attente en conséquence ^_^). Celle-ci fait des yeux ronds en me voyant, et commence les questions :

– donc vous avez changé d’identité ?
— Oui
– ok … ça date de quand ?
— Début avril mais ça mets du temps à passer du TGI au parquet…
– ah les administrations française … pas de soucis avec votre famille, vos collègues ?
— non aucun
– c’est vrai ? c’est super pour vous, je veux dire ce n’est pas toujours facile … vous avez marqué prendre un traitement, lequel ?
— je suis sous acétate de cyprotérone et oestrogènes
Elle note puis reprend,
– vous êtes suivie ?
— oui par mon généraliste et mon endocrinologue
– pas d’anesthésie dans les quatre mois ?
— seulement en octobre dernier pour une rhinoplastie

Apparemment le THS ne semble lui poser strictement aucun problème. Elle prend ma tension (13-7), elle me fait un test d’hémoglobine car ça fait plus de deux que je ne suis pas passée par là, au passage elle me rappelle qu’il y a cinq ans je faisais déjà 70kg donc mon poids n’a pas changé avec le traitement (yeaah !).

Enfin elle tique sur les cases laissées vides à la fin du questionnaire. Je commence a me décomposer et bredouille que oui j’ai déjà eu des relations avec des hommes que c’était il y a 4 ans, que depuis j’ai une vie de nonne et donc je ne sais pas quoi répondre au questionnaire. Là elle me répond « oh mais donc rien dans les quatre mois ? donc c’est bon ».
Dans ma tête ça a donné « Quoi ? quoi ? c’est bon ? chut tais-toi Amanda avant qu’elle ne change d’avis ».

Peut-être qu’elle a tout simplement pris en compte le fait que je suis suivie régulièrement par au moins deux médecins ?

Elle me prévient qu’elle ne peut pas encore changer mon identité en étant sincèrement navrée … je n’insiste pas, je reviendrais de toute façon avec ma nouvelle CNI la prochaine fois.

Ensuite elle me regarde et presque triste m’explique « zut je ne peux pas prévenir l’infirmière qui va s’occuper de vous … » (pour explication : les infirmières sont toutes encerclées par des brancards, on arrive, on se pose sur n’importe lequel avec notre feuille d’étiquettes et l’une d’elle au hasard vient vers vous quand elle a terminé avec les autres).
Légèrement crispée je la rassure quand même « Ne vous inquiétez pas j’ai l’habitude de devoir raconter ma vie ».

Après un joli « au revoir madame » de sa part je sors du box. Ouf j’ai subi la seconde étape et j’ai survécu !!! Toujours tremblante je bois ma bouteille d’eau et vais m’allonger.

Il ne reste donc plus que le don, l’infirmière arrive vers moi, lit ma fiche et d’emblée je lui explique pas trop fort :

— pour le prénom j’ai une explication, disons que j’ai changé …
Je n’ai pas besoin d’en dire plus elle réagit de manière spontanée
– ah oui ok ! pas de soucis… mais vous avez un visage très féminin, vous avez fait de la chirurgie ?
— non … enfin si juste une rhinoplastie
elle embraye sur le mariage pour tous d’elle même
– vous inquiétez pas, moi je suis pour le respect, il n’y a pas de soucis et c’est ce que j’inculque a mes enfants. D’ailleurs j’en ai vraiment ras le bol de ces manifestations, de tout ces homophobes …

Là je suis aux anges ! je ne dis même pas que je fais partie de l’association @andbraiz :D

On papote de mon changement d’état civil, on commente son propre divorce qui traine depuis 4 ans dans un TGI « ah et ces avocats, non seulement ils nous ruinent mais en plus à l’origine avec mon ex on était d’accord sur les modalités et ils ont tout cassé », « et puis voilà bien la preuve que les familles ne sont pas constitués que d’un père et d’une mère … ». Si j’avais pas eu une aiguille dans une veine, je crois que je l’aurais bien prise dans mes bras !

Anecdote marrante sur le genre : pendant le don une chanson passe à la radio et ses collègues échangent sur le sujet « c’est qui ? c’est l’autre là, la fille blonde. Mais non c’est un gars. Non non c’est une fille. » Une jeune fille qui trainait par là vend la mèche « non c’est un garçon, il s’appelle Asaf Avidan ». Forcément avec un clip confus comme le sien et sa voix non genrée, il y a de quoi perdre :

N’empêche le genre / le sexe, ça semble important pour les gens …

Bref je finis par une collation classique pendant laquelle, avec les deux femmes qui m’entourent, je discuterais de tout et de rien (on a parlé des sandwichs inadaptés aux grands gars autours de nous, on a comparé nos styles d’écriture, on a évoqué les magasins de vêtements) mais je me suis rendue compte d’une chose au détour des quelques paroles échangées : dans le reste de ma vie, tous les jours, tout le temps, je suis avec des personnes qui connaissent ma vie et mon passé (quand je ne dois pas les détailler…). Quand tout à coup je suis avec des inconnues et dans un environnement non-LGBT, je suis vue un peu différemment. C’était presque imperceptible mais je me suis sentie femme car les autres n’avaient pas dans leur esprit mon passé et donc moi-même j’ai pu l’oublier quelques minutes. Je ne sais pas si je suis claire mais je me suis rendue compte que je me freine toujours car dans un coin de ma conscience il reste une petite voix énervante : « si tu sors ça, ils vont te comparer à avant et ça va être gênant ». Bien sur ça ne doit pas être vrai mais j’ai expérimenté le fait d’être « anonyme » sur mon passé et c’est assez libérateur, je comprend l’envie de beaucoup d’entre nous de se fondre…

Le petit plus de la fin : pas une seule fois durant toute cette expérience je n’ai eu besoin des termes ou expressions « changement de sexe », « trans » ou « vaginoplastie ». Ce dont je ne suis pas peu fière car ça peut vouloir dire que la transidentité commence à exister dans l’esprit collectif !

Identités | T | Woman's Land | 13.04.2013 - 15 h 28 | 38 COMMENTAIRES
Changement d’état civil accordé !!!!

C’est la saison des bonnes nouvelles apparemment, hier le sénat adopte le Mariage Pour Tous, ce qui sans être une fin est un nouveau sérieux pas vers l’égalité des droits, et aujourd’hui je viens de recevoir la plus belle nouvelle que je pouvais imaginer de la part du tribunal de Grande Instance de Saint Brieuc :

Je suis officiellement reconnue en tant que Amanda Kristell Jennifer Hinault née de sexe féminin !!!

(*j’expliquerais ces prénoms plus tard)

Et voici donc la requête de mon CEC et le jugement correspondant.

Comme on peut le remarquer en le lisant, le jugement s’appuie sur celui qui a été rendu à AGEN en début d’année et le fait que je ne sois pas opérée par simple manque de moyen financier n’a pas été un obstacle. En soi le jugement ne dit pas que je devrais être opérée pour avoir le CEC donc ça me semble une bonne nouvelle pour d’autres personnes je pense.

J’ai flouté certains détails privés mais ma démarche reste celle de la transparence donc j’ai gardé l’essentiel.

Et comme à l’accoutumée, une petite vidéo, pardon pour ma voix stridente, l’émotion m’a un peu submergée !!

Libertés | 12.04.2013 - 12 h 14 | 3 COMMENTAIRES
Mariage pour tous adopté au Senat

Il y a des jours comme ça où on veut crier victoire face aux courants extrémistes de tous poils qui veulent empêcher les autres d’accéder au bonheur.

Identités | Woman's Land | 11.02.2013 - 00 h 31 | 10 COMMENTAIRES
Passage au TGI

[Comme il semble que Yagg a mangé ma copie, je suis bonne pour en refaire une, mais ce n’est pas grave je trouvais mon explication un peu courte de toute façon]

Donc voilà je reviens après quelques mois de silence sur mon évolution, j’avais pris l’habitude de partager ma transition puis j’ai pris le maquis sciemment. Peut-être était-ce inutile je ne sais pas, il me faut vous expliquer un peu plus en détails afin d’être comprise.

L’année dernière j’ai ressenti, comme toute personne en transition, la difficulté de vivre avec deux identités incohérentes entre elles, une socialement admise (je suis une femme) et une administrativement imposée (ma carte d’identité dit « né homme ») et j’ai donc essayé de régler ce mic-mac et j’ai entrepris la démarche du changement d’état civil. Ce qui est vraiment mais vraiment très long donc un bon conseil préparez-vous à l’avance à patienter et a subir des obstacles.

Si vous avez déjà joué aux jeux Zelda vous avez surement remarqué qu’il y a des enchainements du genre : trouver une buche magique a échanger contre un gant de force permettra d’atteindre une armure dorée afin de finir par avoir ce satanée ocarina et endormir la grenouille géante a trois têtes. N’est-ce pas ? Ben ma vie depuis l’année dernière c’est un peu ça.

Ma première grosse étape ce fut ma tentative d’ajouter aussi rapidement que possible un nom d’usage (on parle aussi de pseudonyme ou nom d’artiste) sur ma carte d’identité comme le permet normalement la loi. Ça se serait traduit par ma carte d’identité portant mes anciens prénoms puis la mention « Dite Madame Amanda Hinault ». L’objectif était évidemment de me faciliter la vie de tous les jours lorsque je dois présenter ma CNI et que l’on me regarde de travers ou pire que l’on me conteste mon identité. On m’a déjà accusée de « fraude de carte d’identité » par exemple. C’est absurde mais voilà la situation dans laquelle se retrouve une personne transidentitaire : inexistante.

Je suppose que de l’extérieur c’est difficile a imaginer mais si vous voulez en avoir un aperçu, laissez votre CNI chez vous quelques mois et essayez de vivre sans elle, ou carrément si vous aimez les défis vivez avec la CNI d’un(e) ami(e) de sexe différent du votre.

Seulement il y a un hic, la loi ne dit pas ce qui est nécessaire pour permettre cet ajout et là je me suis tournée vers la communauté, les personnes qui étaient déjà passée par là sont souvent de grandes sources d’idées. J’ai reçu le conseil de faire faire un acte de notoriété auprès d’un notaire et en présence de deux ou trois requérants. L’idée est de transmettre cet acte aux services d’état civil de votre mairie en même temps que l’on renouvelle sa CNI. La demande est transmise à la préfecture qui accorde alors ou non la mention « Dite … … ». Le refus ou l’autorisation est totalement arbitraire.

Mais pour avoir l’acte de notoriété il vous faut « prouver » votre identité, les requérants ne suffisent pas toujours. J’avais donc demandé s’il serait possible de recevoir des lettres démontrant que l’on me connait en tant qu’Amanda Hinault. J’en avais reçu tout plein !

J’ai donc reçu des lettres (merci mille fois à tous et toutes !), j’ai eu mon acte de notoriété (pas gratuitement évidemment) et là paf la préfecture m’a refusée le nom d’usage. Je reviendrais la dessus un autre jour. Alors je suis revenue à la case départ avec toujours mes problèmes insolubles d’identité incohérente.

Bien sûr je savais que l’acte de notoriété n’était pas un changement d’état civil en bonne et due forme, par exemple ça ne permet pas de changer le prénom à l’état civil, ça ne permet pas de modifier le prénom sur la carte vitale et encore moins le 1 en 2 (certaines CPAM acceptent parfois donc il faut tenter on ne sait jamais mais la mienne a bloqué), bref ça peut paraitre inutile. Mais en fait ça a été utile plusieurs fois, par exemple en allant chercher des colis ou lors de contrôles de papiers sur la route. J’ai pu grâce a se document éviter des explications longues, douloureuses et surtout privée. J’ai pu aussi corriger mes moyens de paiements, mes assurances, quelques contrats divers (à l’exception de Free qui a refusé…). Il faut savoir quand même que je m’estime chanceuse car beaucoup d’administrations et d’institutions se grippent lorsque l’on arrive avec de telles demandes « inconnues » et dans le doute nous refuse sous le principe du « on ne veut pas prendre de risque ».

Donc sachant que je demanderais tôt ou tard un Changement d’Etat Civil pour clarifier tout ça, j’avais en parallèle mis de côté depuis longtemps un maximum de « preuves » de mon identité sous forme de lettres officielles, sous forme de photos, etc. Prenant sous le bras mon acte de notoriété, ces éléments là, les différents contrats et même le refus de la préfecture, je me suis mise à la recherche d’un avocat qui pourrait lancer la procédure. Après qu’une avocate ait accepté, elle m’a demandée, en plus des documents que j’avais déjà, de réunir des témoignages avec photocopie des CNI des témoins, le maximum de documents démontrant l’irréversibilité de ma transition (preuves biologique, certificats de médecins) et d’écrire ma propre biographie.

La dessus j’ai ajouté des exemples de changements d’état civil ayant déjà eu lieu, les recommandations de l’Union Européenne, celles du Commissaire aux Droits de l’Homme, les principes de Jogjakarta et la circulaire du 14 mai 2010. Sans oublier de réunir l’argent pour payer les frais d’avocat.

Quand je vous dis que ma vie ressemble à celle de Link…

Il m’aura fallu environ 6 mois pour réunir l’ensemble et que la requête soit déposée au Tribunal de Grande Instance. J’ai encore du attendre 3 mois entre le dépôt au TGI et l’audience du 7 février.

Si j’ai passé pas mal de choses sous silence ces derniers mois c’est pour deux raisons principales :
* la première c’est qu’un nombre étonnant de personnes a tenté de me déstabiliser et de m’arrêter dans ma procédure (essentiellement des personnes en transition, autant ayant déjà leur CEC que le contraire), c’est moche il n’y a pas d’autres mots. Je n’arrive décidément pas à comprendre ce qui peut donner envie de pousser les autres dans le ravin quand ils ont besoin de soutien. Le pire étant d’entendre les mêmes rengaines prononcés de manières anodines sur les risques alors qu’on les connait parfaitement, ça n’aide pas du tout à avancer.
* la seconde c’est que quelque part j’avais peur, peur que l’entretien d’un blog, c’est à dire un espace publique, puisse nuire à ma requête, peut-être est-ce une peur irraisonnée ? Mais dans le cas d’un CEC, il y a tellement d’embuches que l’on fini par avoir la frousse de faire la moindre erreur et de devoir attendre plusieurs années supplémentaires…

Mais voilà il me semble important alors que j’avais commencé a partager mon aventure de continuer et donc voici un petit aperçu de l’état dans lequel j’étais jeudi avant et après mon audition :

Je ne détaillerais pas le contenu de l’entretien, comme je le dis dans la video je crois avoir sentie la juge aux affaires familiales compréhensive de ma situation et de mes difficultés, maintenant je suis dans l’attente et dans l’espoir que le délibéré sera positif. J’y mets tout mes espoirs. Je ne sors pas encore le champagne car je sais que la décision est collégiale (trois juges en tout) et que le procureur de la république peut s’opposer à ma demande.
Mais je croise très très fort les doigts, c’est une étape tellement importante de ma vie mais dont l’issue est tellement incertaine que ça me tord l’esprit depuis quelques mois.

Woman's Land | 02.09.2012 - 11 h 37 | 35 COMMENTAIRES
17 mois – Amanda in finalization

Tout ce chemin pour arriver à ce résultat : être moi tous les jours, à chaque instant. Ce n’est pas toujours simple aujourd’hui mais je pense m’en être bien sortie et je suis maintenant apaisée. Même si, bien sûr, mon parcours est loin d’être terminé mais la suite ça reste de l’intimité ou de l’administratif, c’est différent d’être reconnue par son entourage.

Je poste une petite video afin d’illustrer en quelques photos mon passé et ma transition sociale et physique pour arriver jusqu’à ce mois-ci où pour tout le monde je suis devenue Amanda, attention aux yeux ça picote :

[… Et pour moi c’était douloureux de monter ce slide mais je crois que c’était nécessaire]

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